Les Canadiens ont été invités à prendre part à la consultation sur l'Initiative du gouvernement du Canada pour un gouvernement ouvert en répondant à une série de questions en ligne (voir annexe A). Les participants pouvaient télécharger un document lié aux questions de la consultation ou l'envoyer à une adresse courriel distincte. Des particuliers, des organisations et des associations y ont pris part. Certains participants ont envoyé en plus des documents, des présentations, des remarques ou des lettres, soit en même temps qu'ils ont répondu aux questions de la consultation, soit séparément pour participer au dialogue en employant une méthode différente. Nous avons pris connaissance de toute la correspondance que nous avons reçue par la poste, qu'il s'agisse de la lettre ouverte des commissaires à l'information et à la protection des renseignements personnels du Canada ou d'autres envois.
On a posé aux participants à la consultation en ligne sur le gouvernement ouvert quelques questions de façon à ce que le gouvernement du Canada sache qui étaient les personnes consultées. Les participants n'étaient pas obligés d'y répondre et, dans certains cas, ils ont choisi de ne pas répondre à toutes les questions. Les participants venaient de tout le Canada, sauf du Nunavut et du Yukon. Le profil des participants est présenté dans le tableau 1 figurant ci-dessous.
| Groupe d'âge | Nombre de personnes | Proportion des participants |
|---|---|---|
| Total | 267 | 100 % |
| Moins de 18 ans | 3 | 1,1 % |
| De 18 à 25 ans | 32 | 11,9 % |
| De 26 à 35 ans | 84 | 31,5 % |
| De 36 à 45 ans | 68 | 25,5 % |
| De 46 à 55 ans | 48 | 18,0 % |
| De 56 à 65 ans | 23 | 8,6 % |
| Plus de 65 ans | 9 | 3,4 % |
Nous avons recueilli l'opinion d'étudiants, de personnes âgées, de programmeurs, de fonctionnaires, de professions libérales, de bibliothécaires, de techniciens municipaux, d'universitaires indépendants, de plusieurs titulaires de doctorat, de médecins, d'entreprises faisant des propositions commerciales et de citoyens.
Les questions posées portaient sur trois thèmes : information accessible, données ouvertes et dialogue ouvert. Les participants avaient la possibilité de formuler leurs commentaires en répondant à des questions ouvertes comme celles-ci :
Par données ouvertes, on entend les données gouvernementales offertes sous des formats conviviaux pour permettre aux citoyens, aux entreprises du secteur privé et aux organismes non gouvernementaux de les utiliser de manière novatrice, en y ajoutant de la valeur. Les données ouvertes consistent en des renseignements factuels provenant du gouvernement qui sont, en règle générale, essentiellement statistiques, comme les statistiques démographiques.
Afin de déterminer quels sont les sujets d'intérêt des Canadiens, on a présenté aux participants 11 catégories de données, assorties d'exemples pour les aider à faire leurs choix. On a ensuite demandé aux participants de choisir jusqu'à trois catégories de données et de suggérer d'autres ensembles de données à l'intérieur des ces catégories. Leurs choix sont résumés plus loin dans ce document.
Dans chacune des catégories de données indiquées, y compris la catégorie ouverte sous laquelle les participants pouvaient choisir leur propre ensemble de données, ceux-ci ont tous, sans exception, inscrit « toutes » ou « la totalité », ce qui indique que les Canadiens désirent obtenir le plus de renseignements et de données possible.
On a posé la question suivante aux participants : « Quels types d'ensembles de données ouvertes seraient susceptibles de vous intéresser? » :
Des ensembles de données figurant dans la catégorie Données démographiques (p. ex. l'indice des prix à la consommation [IPC], la proportion d'étudiants inscrits à l'université et la population du Canada), plus particulièrement les statistiques démographiques, l'indice des prix à la consommation et les dépenses des ménages par code postal, ont été les plus fréquemment mentionnés par les participants (41,1 p. 100).
Des ensembles de données entrant dans la catégorie Finances et dépenses publiques ont été mentionnés par 39,6 p. 100 des participants. Ces ensembles de données comprennent les dépenses budgétées et en cours d'exercice, l'actif et le passif du gouvernement, les entreprises préqualifiées pour la fourniture de biens au gouvernement, les dépenses gouvernementales par région, ainsi que les détails et la ventilation des budgets fédéraux.
Des ensembles de données classés dans la catégorie Santé et sécurité, tels que les effets indésirables de produits de santé, le port du casque, la vaccination et le nombre d'agents de police par province, représentent la troisième catégorie de données la plus populaire (33,1 p. 100 des participants). Les participants souhaitent aussi obtenir des données sur les rappels d'aliments et de produits de même que des statistiques sur la santé et le mieux-être.
Des ensembles de données de la catégorie Nature et environnement (p. ex. l'utilisation d'insecticides, les émissions de gaz à effet de serre et les marées canadiennes), y compris des ensembles de données sur les émissions de gaz à effet de serre ainsi que des renseignements détaillés sur la pollution, ont été mentionnés par 31,5 p. 100 des participants à la consultation.
Des ensembles de données de la catégorie Économie et industrie (p. ex. le produit intérieur brut, le temps d'attente à la frontière et le nombre de mises en chantier résidentielles) sont susceptibles d'intéresser 26,9 p. 100 des participants. Dans la catégorie Autre, les ensembles de données sélectionnés sont les suivants : des données géographiques, cartographiques ou géospatiales et les statistiques connexes; des statistiques et des données qui peuvent être triées et organisées par code postal; et des données politiques et électorales, y compris les dépenses électorales et des renseignements sur le lobbying.
Les participants ont choisi dans une proportion de 21,5 p. 100 des ensembles de données de la catégorie Sciences et technologie (p. ex. les dépenses intérieures en sciences et technologie et les technologies relatives aux déversements, etc.). Les participants s'intéressent également aux ensembles de données suivants : les données relatives à la recherche et les résultats des recherches financés par le gouvernement, les dépenses relatives à la science et à la technologie par gouvernement et par région, et des ensembles de données qui montrent à quoi les fonds publics sont affectés.
Des ensembles de données de la catégorie Affaires étrangères et aide internationale (p. ex. les demandes d'immigration et les résidents permanents) représentent la huitième catégorie de données la plus demandée (17,7 p. 100 des participants). Les autres ensembles de données suggérés sont les statistiques sur le nombre d'immigrants et de résidents permanents, y compris la ventilation selon la provenance des immigrants, des coûts de chaque étape du processus d'immigration et des coûts du renvoi des immigrants illégaux. Des ensembles de données relatives aux dépenses militaires, au secours aux sinistrés et aux activités consulaires ont également été proposés.
Le revenu et les salaires moyens ainsi que la main-d'œuvre ventilés par industrie et par lieu géographique sont deux autres ensembles de données que les participants ont mentionnés sous la catégorie de données Travail et emploi et qu'ils ont décrits au moyen d'exemples comme la répartition de la main-d'œuvre, la rémunération hebdomadaire et les salaires horaires.
Des ensembles de données de la catégorie Travail et emploi, décrits au moyen d'exemples comme la répartition de la main-d'œuvre, la rémunération hebdomadaire et les salaires horaires, sont susceptibles d'intéresser 15,4 p. 100 des participants. Le revenu et les salaires moyens ainsi que la main-d'œuvre ventilés par industrie et lieu géographique sont deux autres ensembles de données que les participants ont mentionnés.
Un peu moins de 12 p. 100 des participants ont mentionné des ensembles de données de la catégorie Arts, culture et histoire (p. ex. le temps d'écoute de la radio et les soldats de la Première Guerre mondiale). Parmi les autres ensembles de données suggérés figurent la contribution des arts et de la culture à l'économie, des renseignements sur la musique canadienne et des informations historiques, y compris l'histoire militaire.
Des ensembles de données de la catégorie Agriculture et les pêches (p. ex. le revenu des exploitants agricoles, des données sur l'importation et l'exportation relatives aux produits laitiers, aux viandes et aux volailles) représentent la 11e catégorie de données la plus souvent choisie (9,2 p 100). Les participants ont aussi suggéré au gouvernement d'offrir des ensembles de données statistiques sur la production alimentaire et des ensembles de données sur la qualité et la salubrité des aliments.
Enfin, des ensembles de données de la catégorie Parcs et loisirs (p. ex. les sports spectacles et les voyages effectués par les Canadiens), y compris l'accès aux parcs nationaux et leur utilisation, ont aussi été suggérés.
Le tableau 2 fournit un résumé des ensembles de données les plus fréquemment demandés.
| Catégorie | Fréquence | Pourcentage fondé sur 260 participants |
|---|---|---|
| Nombre total de participants | 26 | s.o. |
| Données démographiques | 107 | 41,1 % |
| Finances et dépenses publiques | 103 | 39,6 % |
| Santé et sécurité | 86 | 33,1 % |
| Nature et environnement | 82 | 31,5 % |
| Économie et industrie | 70 | 26,9 % |
| Autre | 61 | 23,5 % |
| Sciences et technologie | 56 | 21,5 % |
| Affaires étrangères et aide internationale | 46 | 17,7 % |
| Travail et emploi | 40 | 15,4 % |
| Arts, culture et histoire | 31 | 11,9 % |
| Agriculture et pêches | 24 | 9,2 % |
| Parcs et loisirs | 19 | 7,3 % |
De nombreux participants ont proposé des idées et formulé des opinions sur la façon dont les ensembles de données pourraient et seraient utilisés.
« […] Les ensembles de données ouvertes permettraient de mener des projets de recherche et, plus important encore, d'entamer des discussions avec les autres citoyens qui pourraient aboutir à des projets, à des recherches et à des activités de défense des droits novateurs. Mais surtout, les données ouvertes permettent d'obtenir des renseignements qui éclairent la discussion entre les Canadiens ordinaires. […] Les données ouvertes stimulent l'innovation, car les particuliers et les entreprises du secteur privé trouvent des applications utiles et intéressantes de ces données, et ce, au profit des Canadiens. »
Les Canadiens ont répondu de différentes façons à la question « Comment utiliseriez-vous ou manipuleriez-vous ces données? » Certaines réponses sont très brèves (« mieux documenter mon travail »), d'autres sont très détaillées et précises, assorties de plusieurs exemples, y compris des liens vers différents sites Web à titre d'illustration. Quelques participants ont indiqué qu'ils utiliseraient les données pour mieux comprendre l'actualité afin de se forger une opinion éclairée et voter en connaissance de cause.
« J'utiliserais ces renseignements pour me forger ma propre opinion sur la politique et m'aider à choisir comment voter. »
« J'utiliserais cette information pour comprendre l'état de mon pays, le fonctionnement de mon gouvernement, l'incidence des initiatives de l'État sur moi, ma famille et ma collectivité et pour décider pour qui voter. »
D'autres participants ont mentionné qu'ils se serviraient de ces renseignements pour être mieux au fait des sujets qui leur tiennent à cœur.
« Je tirerais parti de cette information pour prendre des décisions importantes, pour mieux m'éclairer sur des sujets que je juge primordiaux pour moi et ma famille. Sans doute pour être mieux renseigné au moment de prendre des décisions cruciales, plus particulièrement en ce qui touche mes finances et mon environnement. Je ne possède pas les compétences requises pour manipuler les données, mais je peux certainement les extrapoler et utiliser celles dont j'ai besoin. Je ne suis pas un concepteur de logiciels et je ne détiens pas le savoir faire en matière de technologie de l'information pour manipuler les renseignements. »
Les données pourraient également être utilisées pour satisfaire des points d'intérêt personnels, tels que les voyages, la culture et le patrimoine ou la généalogie.
« Si je disposais de renseignements sur l'historique de service de mon oncle durant la Première Guerre mondiale, je pourrais compléter notre arbre généalogique. […] L'utilisation de ces données servirait à mieux planifier nos vacances au Canada compte tenu du beau pays dont nous disposons. »
À en juger par certaines indications, les données pourraient être utilisées à des fins commerciales. Par exemple, on relève un intérêt pour les données démographiques utilisées en appui aux activités de développement et de marketing.
« J'utiliserais ces données afin d'axer mes activités commerciales sur les besoins des clients. Je recourrais à celles ci afin de communiquer avec d'autres entreprises auxquelles je pourrais être utile. Ces données me permettraient de trouver de nouvelles idées. »
Certains participants ont indiqué que ces données pourraient être mises à profit dans le cadre d'activités de recrutement.
« Ces renseignements pourraient servir à appuyer le recrutement et le maintien en poste des travailleurs hautement qualifiés dans le secteur de la technologie en fonction des données démographiques et des tendances prévues. »
Différents ensembles de données suscitent un intérêt sur le plan commercial, notamment pour l'ingénierie et les services de soins de santé.
« Les données de référence nécessaires pour la planification intelligente et la conception de projets d'ingénierie. »
« La planification du système de santé et l'extraction des données inférentielles axées sur la maximisation des services des soins de santé au sein d'une grande partie de ma province. La manipulation des données s'effectuerait grâce à des progiciels statistiques tels que l'Ensemble des programmes statistiques relatif aux sciences sociales (SPSS) et SQL. »
Il a également été fait mention de la possibilité d'utiliser les données dans le cadre des études, notamment comme appui aux bibliothèques et pour d'autres activités scolaires.
« Je ferais usage de ces données dans mon cours universitaire afin de souligner le rôle de l'analyse statistique dans l'extraction de l'information contenue dans les bases de données. »
« L'analyse statistique. »
« Comme bibliothécaire, je reçois constamment des demandes concernant des données. Celles ci servent à la recherche et à l'enseignement »
« Toutes les données antérieures et répertoriées d'une bibliothèque de recherche se révèlent importantes pour le milieu de la recherche composé d'étudiants diplômés, de chercheurs invités et de la collectivité en général. La bibliothèque appuie bon nombre de recherches réalisées, plus particulièrement dans les secteurs des sciences de la santé et de la politique publique. De ce fait, tous les domaines figurant à la page précédente présentent un intérêt. »
Les participants ont évoqué d'autres exemples d'utilisation des données ouvertes, tels que le développement d'applications (c'est à dire les applications mobiles), l'élaboration de modèles de diffusion des données pour les différents niveaux d'utilisateurs et des situations détaillées et concrètes. Dans certains cas, des applications mobiles ont déjà été créées grâce aux données ouvertes.
« Je viserais des services qui seraient utiles pour les citoyens, et je créerais des applications mobiles ou des services destinés aux clients en vue de leur simplifier la vie. »
« Je participe déjà à beaucoup de projets qui requièrent l'utilisation et le partage de données gouvernementales. Parmi ceux ci figurent Emitter.ca pour la cartographie et l'échange de données sur la pollution de l'Inventaire national des rejets de polluants (INPR), et Recollect.net pour l'échange de renseignements sur le calendrier des collectes ».
« Je travaille pour une firme d'experts conseils en génie spécialisée dans les ressources hydriques. Nos activités comprennent l'analyse et la cartographie des inondations, la modélisation hydraulique numérique, l'étude sur l'érosion des rivières, les études concernant le soutien en matière de construction des ponts et des barrages, l'analyse de l'érosion côtière et des processus géomorphologiques côtiers, la restauration des bassins hydrographiques, l'étude sur l'habitat des poissons, etc. Nous pourrions nous servir de ces données pour faciliter différents aspects de nos travaux et pour les combiner avec d'autres données détaillées recueillies dans le cadre d'un projet en particulier. Par exemple, nous pourrions utiliser les données bathymétriques du Service hydrographique du Canada (SHC) prélevées dans une zone plus vaste en association avec notre propre relevé bathymétrique détaillé d'un site en particulier. »
De l'avis des participants – qui ont cité des exemples dont on pourrait s'inspirer –, il conviendrait de clarifier les conditions de licence relatives aux données ouvertes du gouvernement du Canada.
« Plus particulièrement, je recommanderais l'emploi de la licence britannique telle qu'elle a été adaptée par le gouvernement de la Colombie Britannique. »
« Le gouvernement devrait délivrer des licences généreuses et étendues, pour l'utilisation des données à des fins publiques ou commerciales, qui ne nécessiteraient aucune autorisation. Advenant que le droit d'auteur de la Couronne ne puisse être entièrement cédé en ce qui touche des données en particulier, comme c'est le cas pour les États Unis, ces données devraient alors être placés sous licence, à l'instar de celle de Creative Commons paternité. »
S'agissant des améliorations techniques, des participants ont également suggéré que l'on utilise des normes ou des formats ouverts pour les ensembles de données ou que l'on fournisse les données dans de nombreux formats en vue d'en faciliter la manipulation. Une personne a fait remarquer que :
« Il serait plus facile de trouver et d'utiliser des données si celles ci étaient normalisées et universellement accessibles dans un seul emplacement, allant bien au delà de la portée du projet pilote du site data.gc.ca. De manière idéale, l'information doit être accessible dans plusieurs formats normalisés et placée sous licence ouverte afin de permettre à quiconque d'employer les données de nombreuses façons (sur le plan commercial ou autrement) […] »
D'autres améliorations ont été suggérées, y compris rendre les ensembles de données plus conviviaux ainsi que fournir des listes et des explications claires sur les ensembles de données accessibles.
« Faire en sorte de publier tous les documents dans un format qui soit facilement référencé par les moteurs de recherche (texte en clair, HTML) et, dans la mesure du possible, inclure des sommaires et des glossaires. La solution idéale consiste à fournir toutes les données dans des formats exploitables par une machine aux fins d'utilisation par des sites Web externes pour que d'autres puissent en tirer parti. Un accès aux API de balises de géolocalisation et d'autres données signifie que les citoyens peuvent utiliser les données suivant leurs propres analyses et sites Web ».
S'agissant de la recherche et de l'emploi des données gouvernementales en ligne, la suggestion la plus fréquente concerne l'amélioration de la navigation et la simplification de l'utilisation des ensembles de données disponibles sur le site Web du gouvernement ouvert. De nombreux participants ont indiqué qu'il convenait d'optimiser les capacités de recherche de manière à ce que les Canadiens puissent trouver plus rapidement les ensembles de données recherchés et y accéder plus facilement. Cette amélioration vise plus particulièrement la taxonomie, les métadonnées ou les mots clés associés aux ensembles de données.
En outre, les répondants ont fait valoir que les ensembles de données devraient être classifiés de manière judicieuse pour l'utilisateur afin d'améliorer la fonctionnalité de recherche. Ils ont indiqué qu'ils souhaiteraient disposer d'un « guichet unique » à partir duquel on pourrait accéder à la totalité des renseignements gouvernementaux et qui inclurait des moteurs de recherche puissants et fédérés.
« La possibilité d'utiliser une seule fonctionnalité de recherche pour l'ensemble des ministères représenterait la meilleure solution, alors qu'à l'heure actuelle, chaque ministère dispose de sa propre fonctionnalité. »
« Toutes les données gouvernementales devraient être accessibles sur un seul site Web, peu importe si les renseignements proviennent de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), de Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC), de Statistique Canada (StatCan), etc. »
À l'heure actuelle, la recherche et le regroupement de renseignements issus des différents niveaux sont difficiles et chronophages. Plusieurs participants ont émis l'idée de regrouper les données provenant de diverses sources de l'échelon fédéral (parmi les ministères et les organismes), voire de tous les ordres de gouvernement. Cela constituerait une avancée considérable si les renseignements de même nature étaient colligés et emmagasinés dans un dépôt central « doté d'un système d'indexation détaillé et d'un solide moteur de recherche. »
« Le Canada pourrait révolutionner l'information à l'échelle mondiale en mettant à la disposition du public des données statistiques et scientifiques, et en fournissant une tribune afin que les autres puissent emboîter le pas. Le fait de créer un endroit unique et centralisé pour que les gens puissent trouver des renseignements et de permettre (en petits caractères) aux autres intervenants et gouvernements d'apporter leur contribution pourrait donner lieu à des collaborations extraordinaires au chapitre de la recherche et des progrès accomplis dans de nombreux domaines. »
L'information ouverte consiste à divulguer de manière proactive de l'information aux Canadiens de façon continue, notamment de l'information sur les activités du gouvernement. Il s'agit de rendre, de manière proactive, l'information gouvernementale plus facile à trouver et plus accessible aux Canadiens. Cette information comprend, entre autres, des renseignements sur les opérations gouvernementales, dont les dépenses reliées à la sous-traitance ou aux déplacements, la signature de conventions collectives et des rapports financiers.
Les participants ont été invités à répondre à la question suivante : « Qu'est ce qui pourrait vous aider à trouver plus facilement l'information gouvernementale en ligne? » et ils pouvaient fournir plusieurs réponses ou suggestions. Un résumé de ces dernières est présenté dans le tableau 3.
| Catégorie de réponses | Fréquence | Pourcentage en fonction de 229 réponses |
|---|---|---|
| Améliorer le moteur de recherche, les fonctions de recherche et les méthodes d’optimisation de la recherche | 60 | 26,2 % |
| Offrir un portail unique ou centralisé – regrouper les données au même endroit | 50 | 21,8 % |
| Normaliser la présentation et le format des données, avoir davantage recours aux métadonnées, au marquage et à une meilleure indexation, organiser les données de façon plus uniforme, etc. | 40 | 17,5 % |
| Améliorer les sites Web du gouvernement et leur organisation de façon générale – remanier ou simplifier les sites Web du gouvernement | 35 | 15,3 % |
| Fournir plus de données, faire preuve de plus d’ouverture à l'égard des Canadiens, adopter des politiques qui prévoient une obligation de transparence | 28 | 12,2 % |
| Communiquer plus efficacement, utiliser les médias sociaux de façon plus efficace – faire savoir à un plus grand nombre de Canadiens que les données sont accessibles | 19 | 8,3 % |
| Simplifier la langue, utiliser des termes d’usage courant, éviter les sigles, mieux expliquer ce qui est disponible | 11 | 4,8 % |
| Collaborer avec le secteur privé et les autres pouvoirs publics pour améliorer l’offre mise à disposition par le gouvernement du Canada | 7 | 3,1 % |
| Rendre les sites Web plus interactifs, multiplier les éléments visuels et vidéo, fournir des plateformes de discussion et de clavardage, donner des instructions | 5 | 2,2 % |
| Fournir des outils de manipulation pour les données | 4 | 1,7 % |
| Cette question est la même que la question précédente (no 1) | 17 | 7,4 % |
| Réponse hors sujet | 4 | 1,7 % |
| Je ne sais pas/je ne suis pas sûr | 3 | 1,3 % |
Les participants ont été invités à choisir dans une liste les éléments qu'ils aimeraient voir publiés en priorité dans les sites Web du gouvernement. Ils avaient la possibilité de sélectionner plusieurs éléments. Il ressort du tableau 4 figurant ci-dessous que la majorité des participants s'intéresse aux quatre éléments présentés.
| Catégorie | Fréquence | Pourcentage en fonction de 229 réponses |
|---|---|---|
| Total | 259 | N/A |
| Finances/dépenses publiques | 196 | 75,7 % |
| Rapports commandés par le gouvernement du Canada | 187 | 72,2 % |
| Information soumise au Parlement par les ministères et organismes | 185 | 71,4 % |
| Données statistiques sur les ressources humaines au sein du gouvernement du Canada | 135 | 52,1 % |
| Autres (veuillez préciser) | 83 | 32,0 % |
Les cinq suggestions le plus souvent avancées par les 83 personnes ayant indiqué qu'elles souhaiteraient voir publiés d'autres éléments que ceux figurant dans la liste sont les suivantes :
Les répondants ont indiqué que le gouvernement du Canada devrait faire tout son possible pour libérer l'information qui actuellement n'est pas mise à la disposition des Canadiens, d'une part, et comprendre les besoins des Canadiens en matière de recherche, de découverte et d'accès pour cette information, d'autre part. Ils ont ajouté qu'il ne devrait pas y avoir de rétention d'information et que les données devaient être communiquées sans frais.
« J'aimerais simplement ajouter que le gouvernement devrait partir du postulat que l'information qu'il détient appartient aux Canadiens et que, par conséquent, il lui faut rendre cette information accessible à tous sans frais. Les pouvoirs publics, à tous les niveaux, doivent cesser de tenter de contrôler l'information. La libre circulation de l'information et son accessibilité à tous auront pour effet de rendre la population plus informée et prospère. »
« [...] L'autre point consiste à donner accès à toutes les données. Un des plus grands obstacles à l'utilisation des données gouvernementales tient au fait qu'on s'attend à des frais élevés et à des difficultés d'accès, de sorte qu'on renonce. Lorsque la plus grande partie des données est accessible gratuitement et facilement, les données sont alors vraiment ouvertes. »
« La quantité d'information actuellement accessible en ligne est énorme. Elle est en général assez facile d'accès. Il serait utile (1) d'avoir accès gratuitement à un plus grand nombre de données de Statisque Canada et (2) de donner accès à un plus grand nombre de “données brutes”, qui pourraient utilisées à diverses fins. »
Le dialogue ouvert consiste à donner aux Canadiens la possibilité de jouer un rôle plus actif dans la définition des politiques et des priorités du gouvernement et à les amener à s'impliquer davantage en tirant parti des technologies Web 2.0. Il comprend la possibilité de participer aux consultations du gouvernement du Canada auprès des Canadiens.
Parmi les répondants qui ont participé au processus de consultation en ligne, 29 p. 100 avaient participé à une consultation du gouvernement du Canada au cours des cinq années précédentes. La majorité des répondants a trouvé difficile de découvrir quelles étaient les consultations du gouvernement du Canada. Ce constat transparaît également dans les réponses aux autres questions concernant les consultations, dans lesquelles les participants ont indiqué qu'ils souhaitaient que le gouvernement intensifie ses efforts de communication.
« Avertir tous les citoyens du lancement des consultations soit par courrier direct (courrier électronique), soit par de la publicité dans les journaux hebdomadaires substituts et les médias traditionnels. »
« [...] vous ne pouvez pas mettre de côté les moyens traditionnels de consultation – lettres, téléphone, rencontres en personne – même si un grand nombre de citoyens aura recours uniquement à Internet pour fournir de la rétroaction [...] »
« Je ne pense pas qu'on devrait se limiter aux seules invitations ouvertes pour obtenir de la rétroaction de la part du public parce que, de cette façon, on n'obtient de la rétroaction que de la part des citoyens les plus hardis et engagés. Je pense qu'il faut créer des mécanismes de rétroaction régulière (des groupes de consultation, des sondages) pour des citoyens choisis au hasard, représentatifs de la structure démocratique du Canada. »
Bien que la majorité des participants trouve qu'il est difficile de trouver de l'information sur les consultations du gouvernement au Canada, seulement un quart des participants trouve qu'il est difficile de réellement participer à une consultation. Il en va tout autrement pour ce qui est de trouver de l'information concernant l'impact de la participation à une consultation. La majorité des répondants (65 p. 100) ayant participé à une consultation du gouvernement du Canada a déclaré qu'elle avait trouvé difficile (voire très difficile) d'obtenir de l'information sur le résultat de cette consultation.
« Ce n'est pas tant un problème de consultation qu'un problème lié au fait que rien n'est fait une fois que la consultation est terminée. »
« En particulier, une fois que la consultation est terminée, que faut il faire pour connaître les résultats et les prochaines étapes? Souvent, je me rends compte que c'est moi qui dois faire des recherches par la suite pour trouver l'information et je ne sais pas quand les résultats seront compilés et quelles recommandations en découleront. C'est toujours l'individu qui doit faire le travail, alors qu'il aurait été possible de recueillir les adresses de courrier électronique ou les coordonnées des intéressés pour ensuite informer les Canadiens qui ont pris part à la consultation que les résultats sont prêts. J'aurais alors une certaine assurance que mon opinion entre en ligne de compte puisqu'on a pris la peine de me renseigner sur ce qui est arrivé, etc. »
Les réponses varient pour ce qui est de la facilité ou la difficulté de participer à une consultation du gouvernement du Canada en utilisant les médias sociaux ou les outils Web 2.0. Environ un quart des participants n'avait aucune expérience des médias sociaux ou du Web 2.0 lors de cette consultation. Seulement un quart des répondants trouve que ces outils sont faciles à utiliser dans le cadre d'une consultation, contre 37 p. 100 qui trouvent cela difficile, voire très difficile. Lorsqu'on leur a demandé de quelle manière ils souhaitaient être tenus au courant de l'évolution de l'Initiative pour un gouvernement ouvert du Canada, les participants ont le plus souvent répondu qu'ils aimeraient être informés au moyen de mises à jour sur le Web (67 p. 100) et par l'entremise des médias sociaux (51 p. 100). Pour ce qui est des « autres » catégories, les suggestions les plus fréquentes ont été Facebook, Twitter et avis par courriel.
« Le gouvernement doit relever le défi qui consiste à faire appel à une population plus jeune et à interagir avec elle en utilisant les médias sociaux pour favoriser une plus grande mobilisation des gens. Il ne suffit pas, toutefois, de mobiliser les jeunes générations, il faut aussi garder le lien avec les générations plus âgées, en les encourageant à utiliser la technologie et à interagir avec les plus jeunes générations, car cela ne peut que renforcer un peu plus le gouvernement et les relations entre les gens. Cet accès à l'information et au partage de l'information contribue à faire des citoyens informés et responsabilisés, ce qui est un avantage pour le Canada et les Canadiens (il n'y a qu'à observer les changements intervenus en Inde et dans l'Union européenne). »
Tous les participants, qu'ils aient déjà participé ou non à une consultation du gouvernement du Canada, ont été invités à présenter des suggestions sur la façon dont le gouvernement du Canada pourrait améliorer sa façon de consulter les Canadiens. Il y a eu 211 réponses à cette question ouverte. Le plus souvent, les répondants ont insisté sur la nécessité pour le gouvernement du Canada d'accroître ses efforts de communication et de marketing afin qu'un plus grand nombre de Canadiens soient informés lorsqu'on organise des consultations.
En outre, les participants ont suggéré d'améliorer les outils de consultation ou les sites Web utilisés par le gouvernement du Canada pour mener les consultations. Il a été proposé, entre autres, de recourir davantage aux outils que sont les médias sociaux et de rendre les consultations encore plus interactives en encourageant les participants à dialoguer ensemble en plus de communiquer avec le gouvernement.
Par ailleurs, les répondants ont recommandé que le gouvernement du Canada utilise les forums communautaires et les groupes de citoyens pour transmettre le message et accroître la participation. Il a aussi été suggéré que le gouvernement multiplie les mesures pour faire participer les Canadiens et le secteur privé au gouvernement. À cette fin, un groupe consultatif sur le gouvernement ouvert a été formé. Ce groupe composé de spécialistes de la société civile, du monde des affaires, du milieu universitaire et de commentateurs indépendants canadiens et étrangers conseillera le président du Conseil du Trésor sur le plan d'action pour le gouvernement ouvert.
Il a été demandé aux participants à la consultation s'ils étaient au courant d'autres approches utilisées par des gouvernements étrangers dont le gouvernement du Canada pourrait ou devrait s'inspirer. Certains répondants ont donné des réponses détaillées à cette question en insérant des liens vers des sites Web d''instances publiques du Canada et d'autres pays. Les cinq gouvernements les plus fréquemment mentionnés sont ceux des États Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle Zélande.
« Oui, plusieurs pays ont commencé à mettre au point d'excellentes initiatives en matière de données ouvertes. Les sites Web des États Unis, du Royaume-Uni et de l'Australie méritent d'être examinés. Ils ont tous des points forts. Un aspect qui est très important est le fait que non seulement ils fournissent des données, mais qu'ils aident aussi à mettre en valeur ce que les citoyens ont fait avec ces données. Il faudrait montrer aux internautes qui visitent votre site gouvernemental des exemples d'applications choisis soit au hasard soit parmi les meilleures réalisations. Ce n'est pas parce quelqu'un a créé une application gratuitement qu'il n'a pas le droit de s'en vanter. Les citoyens qui épousent les intérêts du gouvernement devraient aussi voir leurs propres intérêts défendus par le gouvernement. À ce propos, il faut se rappeler que le concept de gouvernement 2.0 suppose que la communication entre les citoyens et le gouvernement se fasse dans les deux sens. Le gouvernement ouvert est appelé à évoluer, il faut donc continuer à faire preuve de souplesse dans l'approche et de transparence dans le processus. »
Les participants ont fait valoir que le gouvernement doit utiliser tous les moyens à sa disposition pour promouvoir et entretenir un dialogue ouvert avec le plus grand nombre de ses citoyens. En d'autres termes, on ne saurait se limiter aux seuls moyens électroniques. Il convient également de recourir à des moyens plus traditionnels tels que l'organisation de rencontres en personne ou la diffusion de document sur support papier. Les Canadiens qui n'ont pas ordinateur, d'accès Internet ou d'appareil mobile intelligent – le fossé numérique – ne doivent être oubliés.
« Envoyer des avis par l'intermédiaire des partenaires – les ONG, les fournisseurs de services et les entrepreneurs des ministères gouvernementaux, les lobbyistes, les députés, les sous ministres – et demander une plus grande diffusion des consultations auprès des personnes ressources et des réseaux. Les consultations en personne devraient être privilégiées, car c'est le modèle idéal pour la consultation des Canadiens. Il faut se demander comment atteindre les personnes qui n'ont pas d'accès Internet, qui ne peuvent ni lire ni écrire l'anglais ou le français, qui n'ont pas de code postal ou d'adresse permanente au moment de la consultation. Ce sont des citoyens canadiens qui doivent pouvoir bénéficier des mêmes possibilités de contribuer aux consultations gouvernementales. »
« Tant qu'il existera un fossé numérique dans notre pays, il n'y aura pas de véritable gouvernement. La démocratie et le gouvernement ouvert deviendront un luxe réservé à ceux qui ont les moyens de se procurer la technologie permettant d'accéder aux consultations. »
Les participants ont suggéré que le gouvernement devrait se fixer comme objectif de fournir des informations plus claires, d'utiliser un langage facile à comprendre et de présenter les choses simplement. En outre, de l'avis des participants, le gouvernement devrait mettre à jour les politiques en liens avec la gestion de l'information y compris la déclassification des documents.
« [...] les commissaires à l'information et à la vie privée recommandent que le Canada procède à un examen systématique de tous ses dossiers et qu'il mette en place une procédure de déclassification pour ces documents. »
À la fin de la consultation, les participants ont été invités à formuler une dernière observation ou suggestion concernant l'Initiative pour un gouvernement ouvert au Canada. Certains se sont montrés sceptiques, voire cyniques, quant à cette consultation, et en particulier son impact. Toutefois, de nombreux répondants ont tenu à souligner l'intérêt de cette consultation, qui constitue à leurs yeux un bon point de départ sur la voie d'une plus grande transparence au sein du gouvernement du Canada. De façon générale, ils ont indiqué qu'ils espéraient que le gouvernement donnerait suite très rapidement aux commentaires qui lui ont été adressés par la population.
« Il s'agit selon moi d'une initiative louable et il faudrait poursuivre sur cette voie. Plus l'échange d'information sera ouvert, plus le gouvernement du Canada et les Canadiens seront en mesure de faire face aux défis à venir. »